François Beltramini D.O
Ostéopathe au Pont de montvert

L'acceptation
"La guérison d'une blessure vient quand on peut la vivre sans y réagir" . (Lise Bourbeau)
Nos émotions, pensées, instincts ne sont pas faits pour "rester" , physiologiquement ils entrent dans un cycle qui se conclut par leur décharge.
Ce point semble central : le but, ( ou un des buts ) de la psychologie, est la circulation libre des affects pensées instincts ...
Quand nous bloquons un élément , en refusant de le sentir , en y ajoutant un jugement (bien/Mal), une peur, une absence de mots ... la circulation s'arrête, l'énergie bouche les tuyaux, la souffrance apparaît .
Nous pouvons choisir de différencier ainsi la douleur/les émotions négatives, de la souffrance qui survient quand un de ces élément stagne, dure sans s'évacuer .
Là où il y'a douleur , il y'a jugement, retirez le jugement, et vous retirez la douleur . (Neale Donald Walsch)
La question qui peut alors se poser à chacun de nous est : que refusons nous?
Qu'écartons nous de notre expérience plus ou moins consciemment ?
Et c'est tout l'objet de l'exploration intérieure .

Pouvoir être traversés de façon fluide par nos affects, sans "accroche" ...
L'acceptation peut être vécue comme un exercice quotidien dans lequel on passe des paliers, on jauge la détente qui s'installe, les réflexes de refus qui se modifient ... La vie et ses expériences nous aident à voir ce qui demande à être accepté, ce qui se répète. Le fameux "jeu du miroir" nous "rappelle à l'ordre" en permanence lorsque les colères /critiques que nous entretenons vis à vis des autres nous témoignent de ce que nous refusons en nous .
En thérapie , le praticien bienveillant explore avec le patient ce qui est dérangeant, écarté. Le patient reconnait l'existence de ses affects, pensées , ce faisant il se permet d'évacuer les émotions niées . Aidé par un cadre ,une méthode et une relation sécurisante ,il peut se relâcher et ainsi accueillir petit à petit toutes les parties de lui même .
Nos blessures se répètent , tant que nous ne parvenons pas à lâcher prise. Nous interprétons leur présence encore et encore ; nous recherchons plus ou moins consciemment une occasion de nous "confronter" une nouvelle fois à ce qui nous a traumatisé , pour remporter la victoire , s'en libérer par la force .
(dynamique de la colère...Remise en acte , Peter Levin)
Nous attirons à nous ce qui nous occupe l'esprit , que ce soit parce que nous le désirons, ou parce que nous cherchons à l'éviter ...

"Si tu veux que quelque chose cesse d'exister dans ton expérience, cesse d'y penser" . (Neale Donald Walsch)
Or comment lâcher prise ? Cesser de penser à quelque chose ? Cesser d'interpréter ce quelque chose et donc le recréer dans notre vie ? Cesser de rechercher à s'y confronter sans cesse ? Comment faire si cette chose nous fait toujours peur, si nous la jugeons et la refusons ? Si à chaque fois que nous la concevons, notre esprit (et notre corps) accroche ... réagit ?
"La guérison consiste à tout accepter puis à faire un autre choix."
(Neale Donald Walsch)
Accepter, accueillir, c'est comme enlever l'accroche .
Accepter de "sentir" sans juger la sensation, accepter de ne pas parvenir à s'en sortir, accepter qu'on nous dise non, accepter d'être rejeté, accepter de traverser l’expérience de blessure qui a été la notre ,accepter accepter ... accepter la situation vécue à l'époque comme inacceptable , qui pourrait, certes se reproduire mais que nous ne voulons plus anticiper à l’excès et reproduire dans nos vies .
De cette façon nous réalisons que le jugement causait la souffrance , que la signification d'une chose est toujours subjective, et que la douleur ou l'émotion n'était pas en elle même souffrance, puisqu'une fois ressentie elle passe son chemin .
